Le 26 juin 1996, l’organiste Danielle Salvignol-Nisse succombait à Caen des suites d’une douloureuse maladie, à l’âge de 52 ans. Elle venait d’enregistrer un disque intitulé L’Orgue chante la joie. Quel beau titre convenant parfaitement à la personnalité de son interprète ! En effet, aveugle de naissance, il émanait de sa personne, malgré son handicap, une joie profonde... Née à Castres, elle avait été tout d’abord élève de Jean Langlais et de Gaston Litaize à l’Institut National des Jeunes Aveugles à Paris, où elle était rentrée dès l’âge de 12 ans, avant de devenir celui de Rolande Falcinelli au Conservatoire National Supérieur de Musique et d’obtenir le 1er Prix d’orgue en 1966. Son premier poste d’organiste était celui de l’église Saint-Denis à Amboise, où elle ne restait que quelques années avant de rejoindre le grand-orgue de l’église Notre-Dame à Saint-Lô en 1969. En 1977, elle s’installait à Perpignan où elle enseignait l’orgue au Conservatoire National de Musique et tenait l’instrument de l’église Notre-Dame-la-Réal, puis celui de l’église Saint-Mathieu. Animée par une foi intense et sereine, elle parvenait à faire chanter sa joie à l’orgue. C’est ainsi que ses interprétations étaient toujours pleinement appréciées des fidèles au cours des cérémonies religieuses et même des simples auditeurs lors de concerts... Mariée à Christian Nisse, du Molay-Littry dans le Calvados, Danielle Salvignol avait gardé d’étroites relations avec sa ville natale, Castres, où d’ailleurs elle dirigea avec son mari la restauration de l’orgue de l’église Notre-Dame-de-la-Platé, par le facteur Alfred Kern en 1980. C’est sur cet instrument (35 jeux, 3 claviers et pédalier) qu’elle a enregistré L’Orgue chante la joie qui aurait dû être le premier d’une série de disques. Le programme de ce CD, que nous recommandons à nos lecteurs (disponible à la librairie religieuse Publica, 46 rue Saint-Jean à Caen, tél. 02 31 86 03 00) s’articule autour d’œuvres de Jean-Sébastien Bach, avec notamment le célèbre Choral Du Veilleur, et de danses du XVIème siècle, ainsi que des pièces de Pachelbel, Dandrieu, Haydn et également Jean Langlais (Pastticcio, Te Deum). Ses obsèques ont été célébrées le 2 juillet, à 14h30, en l’église Saint-Clair du Molay-Littry (Calvados).
J'ai eu la chance de connaître un peu Danielle Nisse au début des années quatre-vingt-dix, par l'intermédiaire de ma future épouse, également paroissienne de l'église Notre-Dame-la-Réal où nous nous sommes mariés. Danielle Nisse était, en effet, une personne marquée par cette joie chrétienne si particulière, mélange de sérénité confiante et de grande allégresse. C'est son attachement pour la musique d'Olivier Messiaen qui nous a rapprochés. Lors des offices religieux (de mémoire, pendant l'offertoire), il lui arrivait fréquemment d'improviser dans le "style oiseaux". Elle me fit la surprise d'un magnifique cadeau de mariage en interprétant, à la fin de la messe au moment de l'envoi, les Transports de joie d'une âme devant la gloire du Christ qui est la sienne extraits de L'Ascension dans la seconde version pour orgue; après une lente procession, le dernier accord de la pièce a coïncidé avec notre arrivée devant les portes de l'église et leur ouverture sur la lumière aveuglante d'un soleil radieux... Je dis "me fit la surprise", car cela était joué de toute évidence à mon intention (je lui avais parlé avec enthousiasme de ma découverte récente d'Olivier Messiaen), et pas forcément du goût de certains des convives qui furent parfois quelque peu désorientés par la brillance du fortissimo de l'orgue ! Merci, Danielle Nisse, pour ce merveilleux souvenir.
J'ai eu la chance de connaître un peu Danielle Nisse au début des années quatre-vingt-dix, par l'intermédiaire de ma future épouse, également paroissienne de l'église Notre-Dame-la-Réal où nous nous sommes mariés. Danielle Nisse était, en effet, une personne marquée par cette joie chrétienne si particulière, mélange de sérénité confiante et de grande allégresse. C'est son attachement pour la musique d'Olivier Messiaen qui nous a rapprochés. Lors des offices religieux (de mémoire, pendant l'offertoire), il lui arrivait fréquemment d'improviser dans le "style oiseaux". Elle me fit la surprise d'un magnifique cadeau de mariage en interprétant, à la fin de la messe au moment de l'envoi, les Transports de joie d'une âme devant la gloire du Christ qui est la sienne extraits de L'Ascension dans la seconde version pour orgue; après une lente procession, le dernier accord de la pièce a coïncidé avec notre arrivée devant les portes de l'église et leur ouverture sur la lumière aveuglante d'un soleil radieux... Je dis "me fit la surprise", car cela était joué de toute évidence à mon intention (je lui avais parlé avec enthousiasme de ma découverte récente d'Olivier Messiaen), et pas forcément du goût de certains des convives qui furent parfois quelque peu désorientés par la brillance du fortissimo de l'orgue ! Merci, Danielle Nisse, pour ce merveilleux souvenir.CC.







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