lundi 27 avril 2009

In memoriam Olivier Messiaen.

Le 27 avril 1992, Olivier Messiaen était rappelé à Dieu. De 1987 à 1991, il avait travaillé à la composition des Éclairs Sur l'Au-Delà, commande de Zubin Metha et de l'Orchestre Philharmonique de New York pour son 150ème anniversaire. Cette œuvre posthume, la dernière du compositeur, sera créée le 5 novembre 1992. Il faudra attendre septembre 1993 pour le premier enregistrement public, sous la direction d'Antoni Wit à l'occasion de la 36ème édition du festival de musique contemporaine de Varsovie.

La première fois que j'ai pu enfin entendre la vaste fresque des Éclairs Sur l'Au-Delà, ce fut une expérience extrêmement émouvante : cette lumière radieuse, ce sentiment profond de paix et de plénitude, et la nature testamentaire de l'œuvre, ultime récapitulation et synthèse de tous les éléments caractéristiques du langage musical d'Olivier Messiaen... On aurait dit que celui-ci venait d'outre-tombe s'adresser une dernière fois à nous, afin de nous rassurer sur la vie éternelle telle qu'il la pressentait de son vivant et telle qu'il la voyait maintenant.
"Il a fait refléter dans sa musique les lumières que sa soif de Dieu avait recueillies pour qu'elles deviennent des "éclairs sur l'au-delà""
, conclut notre Très Saint Père dans son message transmis par le Cardinal Tarcisio Bertone pour l'ouverture de l'année Messiaen 2008 : un au-delà glorieux pour le musicien de la joie...


Note : ces réflexions m'ont conduit à intituler ce blog "Éclairs Sur l'Au-Delà". Pour la bannière, j'ai choisi une peinture à l'huile sur bois de l'artiste protestant Roelandt Savery (XVIIème siècle) intitulée "Le Paradis". J'aime le foisonnement des nombreux oiseaux représentés (voir aussi le "Paysage aux oiseaux", du même peintre), en particulier dans la zone du jaillissement de lumière où ceux-ci semblent effectuer un mouvement de va-et-vient continuel, tels des anges chantant la gloire de Dieu.
D'un point de vue technique, l'image a été retravaillée sous Photoshop à l'aide de filtres, et j'y ai rajouté comme fond sonore un extrait en boucle de Demeurer dans l'Amour (depuis remplacé par le thème du Courlis Cendré)... Sur ses esquisses de la partition, le compositeur notait : "Comme le cerf altéré désire l'eau vive, ainsi languit mon âme, vers Toi, mon Dieu !", début du psaume 41 lu aux matines des défunts.

CC.

1 commentaires:

Alauda Arvensis a dit…

"Après avoir tant souffert depuis quatre mois (...), il est sûrement dans la Paix de Dieu.
Toute sa vie, il a chanté ses mystères avec tant d'amour et de génie, que maintenant on peut l'imaginer sur le coeur de Dieu, recevant la Joie à la source même."

(Extrait d'une lettre d'Yvonne Loriod, 28 mai 1992)

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