L'Ile d'Ouessant (Enez Eusa) [en breton dans le texte], dans le Finistère. À la pointe de Pern, on peut voir un grand oiseau, au plumage rayé, tacheté de roux jaunâtre, de gris et de brun, haut sur pattes, pourvu d'un très long bec recourbé en forme de faucille ou de yatagan : le Courlis Cendré [Numenius Arquata] ! Ainsi commence le prologue à cette pièce admirable qu'Harry Halbreich qualifie comme insurpassable en envoûtante puissance d'atmosphère et la plus émouvante de toutes (cliquez sur l'image pour visionner l'animation).

Voici son solo : trémolos lents et tristes, montées chromatiques, trilles sauvages, et un appel en glissando tragiquement répété qui exprime toute la désolation des paysages marins. À la pointe de Feunteun-Velen, hachés par le bruit des vagues [ici également en fond sonore], tous les cris des oiseaux de rivage : appel cruel de la Mouette Rieuse [Larus Ridibundus], rythmes cuivrés (à sonorités de cor) du Goéland Argenté [Larus Argentatus], mélodie flûtée du Chevalier Gambette [Tringa Totanus], notes répétées du Tournepierre à Collier [Arenaria Interpres], sifflements stridents, roulements aigus de l'Huitrier Pie [Haematopus Ostralegus] - et d'autres cris encore : ceux du Petit Gravelot [Charadrius Dubius], du Goéland Cendré [Larus Canus], du Guillemot de Troïl [Uria Aalge], de la Sterne Naine [Sterna Albifrons] et de la Sterne Caugek [Sterna Sandvicensis].
La plupart de ces chants d'oiseaux appartiennent à la catégorie des cris, souvent très ouvragés, et surprenants comme rythme et comme timbre (Olivier Messiaen). Le commentaire poétique se poursuit avec une peinture du grand interlude aquatique et de la tombée de la nuit.
L'eau s'étend, à perte de vue. Peu à peu, le brouillard et la nuit se répandent sur la mer. Tout est noir et terrible. Au milieu de ses rochers déchiquetés, le Phare du Créac'h fait entendre un mugissement puissant et lugubre : c'est la sirène d'alarme ! Encore quelques cris d'oiseaux, et la plainte du Courlis Cendré qui se répète et s'éloigne... Froid, nuit totale, bruit du ressac...
Du point de vue allégorique et chrétien, la mer est ici le domaine de la peur, des errances sans fin, les oiseaux représentant les âmes chagrines confrontées aux écueils de ce monde difficile et instable...
Cette animation a été entièrement réalisée par l'auteur de ce blog. Les différentes séquences furent choisies parmi les plus représentatives de la partition, retranscrites dans un éditeur MIDI, et jouées par un piano de concert virtuel. Les figures sont tirées des livres du célèbre ornithologue John Gould illustrés par son épouse.

Voici son solo : trémolos lents et tristes, montées chromatiques, trilles sauvages, et un appel en glissando tragiquement répété qui exprime toute la désolation des paysages marins. À la pointe de Feunteun-Velen, hachés par le bruit des vagues [ici également en fond sonore], tous les cris des oiseaux de rivage : appel cruel de la Mouette Rieuse [Larus Ridibundus], rythmes cuivrés (à sonorités de cor) du Goéland Argenté [Larus Argentatus], mélodie flûtée du Chevalier Gambette [Tringa Totanus], notes répétées du Tournepierre à Collier [Arenaria Interpres], sifflements stridents, roulements aigus de l'Huitrier Pie [Haematopus Ostralegus] - et d'autres cris encore : ceux du Petit Gravelot [Charadrius Dubius], du Goéland Cendré [Larus Canus], du Guillemot de Troïl [Uria Aalge], de la Sterne Naine [Sterna Albifrons] et de la Sterne Caugek [Sterna Sandvicensis].
La plupart de ces chants d'oiseaux appartiennent à la catégorie des cris, souvent très ouvragés, et surprenants comme rythme et comme timbre (Olivier Messiaen). Le commentaire poétique se poursuit avec une peinture du grand interlude aquatique et de la tombée de la nuit.
L'eau s'étend, à perte de vue. Peu à peu, le brouillard et la nuit se répandent sur la mer. Tout est noir et terrible. Au milieu de ses rochers déchiquetés, le Phare du Créac'h fait entendre un mugissement puissant et lugubre : c'est la sirène d'alarme ! Encore quelques cris d'oiseaux, et la plainte du Courlis Cendré qui se répète et s'éloigne... Froid, nuit totale, bruit du ressac...
Du point de vue allégorique et chrétien, la mer est ici le domaine de la peur, des errances sans fin, les oiseaux représentant les âmes chagrines confrontées aux écueils de ce monde difficile et instable...
Cette animation a été entièrement réalisée par l'auteur de ce blog. Les différentes séquences furent choisies parmi les plus représentatives de la partition, retranscrites dans un éditeur MIDI, et jouées par un piano de concert virtuel. Les figures sont tirées des livres du célèbre ornithologue John Gould illustrés par son épouse.
CC.








